▪ Le Château de la Morélie[1].
La Morélie tire son nom du domaine de Maurel ; nom de personne qui, à l’origine, pouvait avoir le teint foncé[2]. Les variantes orthographiques du nom des seigneurs de la Morélie (de la Morlhe/ Morelle/ Morelly/ Moréllie/ Morélhie/ Maurélie/ Morlie) semble corroborer cette explication. Le château de la Morélie est l’épicentre de leurs biens qui s’étendent sur les paroisses du Temple d’Ayen, de Louignac et de Perpezac.
Il se dresse à proximité immédiate de l’église templière et de son cimetière, sur les parcelles du « quartier » dit de La Malfairie. Donc certainement sur d’anciennes terres ayant appartenues aux templiers, sur le probable emplacement d’une léproserie.
Ces seigneurs sont intimement liés au Temple d’Ayen depuis au moins le XVIe siècle et le premier d’entre eux, identifié, est le grand-père paternel d’Isaac mentionné à plusieurs reprises dans les arpentages de la commanderie : Martial du Burg de la Morélie, écuyer, seigneur de la Morélie. Ces armoiries (ci-dessous) sont « d’azur à trois tours maçonnées de sable »[3].
La mère d’Isaac : Catherine de Verrières/Veyrières est mentionnée au tout début du XVIIe siècle (1604) comme marraine de la cloche de l’église du Temple d’Ayen (transférée en l’église d’Ayen) en même temps que le Frère Gabriel Géraud, servant d’armes, commandeur qui en est lui le parrain[4]. L’état des lieux de 1616, indiquant que les armoiries de ce dernier sont représentées sur les vitraux de cette même église.
En outre, les membres de la famille de la Morélie sont inhumés, en qualité de seigneur des lieux dans une chapelle leur appartenant, en l’église paroissiale, comme en atteste les actes de sépultures de demoiselle Anne de Morélie, le 31 juillet 1747 (née en 1663) et Jacques Frédéric de la Morélie, le 28 mars 1742 (né en 1658), « seigneur dudit lieu, de Saint-Laurent, lieutenant-colonel d’infanterie, Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis »[5].
Cette chapelle est, selon toute vraisemblance, la même mentionnée au procès-verbal de 1616, qui est dite voûtée et sous le patronage de Saint-Blaise et qui figure encore sur le cadastre de 1838, sous le numéro de parcelle n°39, et appartient alors aux descendants des dits seigneurs, alors que les parcelles n°40 et 41 deviennent propriété de la commune à la faveur de la Révolution.
Isaac du Burg de la Morélie et son fils Jean poursuivent tous deux des carrières militaires, l’un et l’autre sont capitaine d’une compagnie au régiment de Champagne. En 1681, on trouve aussi Charles du Burg de la Morélie, mazelier[6] et le même ou un homonyme, prévôt de Saint-Laurent du Bas-Ayen.[7].
Jean de Burg de la Morélie se marie en 1647 avec Isabeau de Roffignac, le couple habite au château de la Morélie où Isabeau donne naissance à plusieurs enfants comme en atteste la présence dans les registres du Temple, leurs actes de baptêmes[8]. Isabeau de Roffignac est qualifiée « Dame de la Morélhie ». Devenue veuve vraisemblablement avant 1673, elle gère le Domaine et on la trouve dans de nombreux actes d’afferme entre 1673 et 1682[9]. En 1679, elle possède un dixième des dîmes en blé et filasse de la paroisse d’Ayen, le reste appartenant à la famille de la Chabroulie et du prévôt d’Ayen. En 1681, elle établit un accord avec Gabriel de la Jugie, relatif à une somme de 3.500 livres provenant de l’hérédité de son mari.
Les registres étant très lacunaires, il est difficile de savoir exactement combien d’enfants sont nés de leur union mais contrairement aux us et coutumes de l’époque, ou en l’absence d’héritier masculin, le domaine passe à la famille Dumas à la faveur du mariage de Noble dame Magdeleine du Burg de la Morélie avec Nicolas Dumas de la Rongère en 1685. Ce dernier est maintenu dans la noblesse le 15 avril 1704. À la suite de Magdeleine et Nicolas, ce sont cinq générations de Dumas devenus Dumas de la Morélie qui vont se succéder dans les lieux, soit un total de 10 générations de la même famille depuis Martial du Burg de la Morélie.
[1] Un château de la Morélie, homonyme, existe sur la commune de Payzac en Dordogne.
[2] Yves Lavalade – Noms de lieux du canton d’Ayen.
[3] Nobiliaire de la Généralité de limoges par Simon des Coustures, procureur de sa Majesté en la vérification des titres de noblesse faite en 1666 par M. d’Aguesseau.
[4] Jean-Baptiste Poulbrière – Dictionnaire historique et archéologique des paroisses du diocèse de Tulle.
[5] Archives départementales de la Corrèze – BMS du Temple d’Ayen.
[6] Mazelier = boucher
[7] Archives départementales de la Corrèze – E1181 & E1133
[8] Archives départementales de la Corrèze - BMS du Temple d’Ayen année 1654.
[9] Archives départementales de la Corrèze – E1125, E1127, E1128, E1130, E1131.
@TOUT DROIT RESERVE - Elise Chagot
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