Le domaine de Sirieix-Lacroix (extrait de recherche foncière)..

Publié le 4 mars 2026 à 19:43

Il n'est pas rare en retraçant l'histoire d'un logis de bourg, de retrouver en même temps, le domaine rural qui s'y rattache, il permet à la famille d'en tirer un bon nombre de ses vivres. Prendre le temps de retrouver les baux de ce dernier est primordial car ils éclairent sur la vie de la famille et de fait du logis principal en lui-même, les deux allant de paire...

▪ Le domaine de Sirieix-Lacroix :

En 1853, il fait l’objet d’un bail paritaire à moitié fruit établi entre Joseph Laboulinière et Jean Topelet et ses deux fils : Jean et Martin, qui nous permet de saisir ce dont la famille avait à disposition en terme de denrées et de revenus.

Le cheptel qui le garnit alors est composé de « bestiaux », de « bêtes à laine » et de cochons pour une valeur de 1.700 francs. S’y ajoute une « bourrique » appartenant à Joseph et dont les métayers ne peuvent se servir qu’avec sa permission, des pigeons dont les métayers « auront soin » et « tiendront le colombier propre », des poules (dont 6 poulets seront livrés à la maison de Joseph annuellement), des canards (dont 2 pour Joseph annuellement).

Le domaine produit : grains, chanvre,  châtaignes, pommes, poires, prunes et cerises (partagés par moitié entre bailleur et preneur) mais aussi raves pour nourrir les bestiaux (dont « une civière » pour la maison du bailleur).

Chaque année, les métayers se doivent de planter trois sacs de pommes de terre pour la maison de Joseph,  50 arbres au sein du domaine, les plants étant fournis par Joseph.  Les métayers doivent, de plus, livrer journellement le lait d’une vache au domicile de Joseph, pour l’intervalle où elle ne fournira pas de lait, les métayers doivent fournir 5 kg de fromage et 5 kg de beurre à la place.

Le domaine est ensemencé chaque année, à la fin octobre au plus tard, de 204 hectolitres de blé seigle. Il doit être « cultivé comme il convient », par « trois hommes en toutes saisons, capables de labourer et faucher », et rigoler les prés de bonne heure chaque année et au plus tard au 25 mars ». A l’usage de la maison du bailleur, il devront couper et fendre le gros bois et le conduire, ainsi que des branches, en temps utile. Ils sont tenus de faire tous les « harbants » à bras et à bœufs qui leur seront commandés par la maison du bailleur (harbants : journée de travail gratuite pouvant comprendre des labours, du transport, de travaux domestiques), s’ils font d’autres « charrois », le produit en sera partagé avec Joseph et ils  « feront annuellement une vinade en bas Limousin ». Il faut comprendre qu’ils sont tenus d’aller chercher du vin en basse Corrèze à la saison pour Joseph et sa famille.

Enfin, ils n’ont pas le droit de vendre aucune bête sans le consentement exprès de Joseph et les frais de l’entretien des bâtiments comme des outils sont minutieusement établis.

Archives départementales de la Haute-Vienne – 4 E29/85.

 

@TOUT DROIT RESERVE - Elise Chagot

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