▪ L’auberge de Césarin :
Ce vocable apparaît en 1830, lors du règlement de la succession de Léonarde Robert Battide veuve Vidalin et est toujours employé en août 1857. Affermée verbalement en 1896, la maison de l’Auberge existe encore en 1903.
La naissance de cette « auberge » provient de la proximité de la route « royale » de Rodez à Limoges, créée en 1770 par Turgot, alors intendant général du Limousin. Elle prend place dans une maison, couverte en ardoises, aux «portes et contrevents peints en couleur vert de pomme » (en 1829), une remise adjacente, garnie de mangeoires et râteliers, au sol « pavé en moellons » faisant office d’écurie, une cour agrémentée de « trois auges en bois pour abreuver les chevaux » se trouve à l’avant de l’auberge tandis qu’un toit à volaille prend place à l’arrière, un pré appelé « La Bouyge », tenant à la remise, « six carreaux de jardin » le plus près de la maison, un pré appelé de « La Garenne » (C428), et d’un bois châtaignier nommé « de Lorgeai », complètent l’ensemble. En outre, les bâtiments affermés renferment un four à pain, dans lequel Gustave Vidalin se réserve, par clause introduite dans les baux à partir de 1853, « pour lui, ses colons et fermiers, la faculté de cuire ».
La maison semble plus confortable qu’une simple maison de métayer : édifiée sur cave, elle comprend un rez-de-chaussée, et des appartements au premier étage desservis par un escalier à « deux montées avec pallier, rampe et main courante en bois », par-dessus lesquels est un grenier. Au rez-de-chaussée, un vestibule garni d’une boiserie à hauteur d’appui dessert une cuisine, une salle à manger et un salon. Le sol de ces différentes pièces sont pavés grâce à des « dalles taillées » et toutes sont « plafonnées ». Si la cheminée de la cuisine est sans particularité, celle du salon est recouverte de boiseries à l’instar du pourtour de la pièce et ce « à hauteur d’appui ». Au premier étage, prennent place au moins 4 chambres dont l’une est « tapissée en papier petits dessins » et les autres garnies de « boiseries peintes ».
Contrairement à un bail à ferme pour une propriété rurale vouée à la production agricole, le bail ne comprend ni cheptel, ni outils aratoires, ni semences fondamentales mais un mobilier qui confirme la vocation des lieux à accueillir des voyageurs. Il se compose de 8 lits : « commun, rustique, peint, en noyer et garni (par exemple) d’une couverture d’indienne piquée et de son couvre-pied en flanelle, couronne de lit garnie en indienne rouge et rideaux jaune et blanc », ainsi que de 8 tables : « une table de cuisine à deux tiroirs et bancs, deux tables longues avec quatre bancs, quatre tables carrées et une à casser les noix, une grande table en bois de noyer, six chaises et quatre autres bancs ».
Le bail est consenti tour à tour à Tramond (avant 1829), au couple Leymarie (1829 à 1837), jusque-là marchands à Tulle, au couple Lacroix (1837-1842), auparavant aubergistes à Tulle qui feront stipuler parmi les clauses de leur contrat l’obligation faite à Gustave Vidalin, de « n’établir ni laisser établir dans les maisons qu’il possède au dit lieu de Chazarin, d’autre auberge que celle qui est louée (…) encore à faire cesser celle qui existe aujourd’hui dans la maison Tramond, à compter du 25 décembre prochain, époque à laquelle le Sieur Chazier sera à fin de bail », à Vacher (1842 à 1847), à Jean Barbazanges (1847 à 1853), cultivateur jusqu’à là, à la Combe de Ladignac, à Jean Robertou (1853 avant 1857), le plus jeune des frères, aussi couvreur à Tulle ; à Meyrignac (après 1853 et avant 1857), à Cueille et Mercier, beau-père et gendre (1857 à 1859), par moitié entre eux et en même temps que la propriété du Combal dans les dépendances de Cézarin.
En 1829, l’auberge et les bâtiments qui y sont attachés sont affermés 350 francs par an. En 1837, le loyer passe à 420 francs par an et peut laisser penser que cette augmentation est due à une bonne rentabilité financière. Mais celle-ci ne dure pas car le loyer est de nouveau diminué en 1847 et plafonne à 280 francs par an. Il est encore baissé en 1853 et passe à 220 francs par an. En 1857, du fait qu’elle est louée au même locataire en même temps que la propriété rurale du Combal, le loyer est porté à 770 francs avec l’obligation de fournir à Gustave, trois paires de poulets, 60 œufs et six kilos de beurre par an.
La durée du bail est variable, de 8 ans à 2 ans et Gustave finit par inclure une condition suspensive du bail au premier impayé et sans passer par la justice.
Si l’auberge semble servir de logement à Gustave entre 1875 et 1880, elle est de nouveau affermée verbalement en 1896 au Sieur Madelmont.
@Elise Chagot - TOUT DROI RESERVE
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